La justice referme définitivement

l'affaire Mesrine
10 octobre 2006

 

 

PARIS (Reuters) - La Cour de cassation a refermé définitivement l'affaire de la mort en 1979 de "l'ennemi public n°1", le truand Jacques Mesrine, en déclarant irrecevable un dernier recours, apprend-on de source judiciaire.

Cette décision, rendue mercredi, donne un caractère irrévocable au non-lieu rendu le 1er décembre 2005 par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.

Le 2 novembre 1979, les hommes du commissaire Robert Broussard, patron de la brigade "antigang", avaient tendu à Paris une embuscade au truand dans le but officiel de le capturer, avant de le cribler de balles alors qu'il était assis au volant de sa voiture.

La plus haute juridiction française a rappelé que les parties civiles - le fils du truand, Bruno, et son ancienne compagne, Sylvie Jeanjacquot, blessée à ses côtés - ne pouvaient pas juridiquement se pourvoir en cassation contre une décision de non-lieu, en l'absence d'une telle démarche du parquet.

Les plaignants souhaitaient des poursuites contre les policiers pour "assassinat" car ils estimaient que le but de l'opération était de tuer le truand et non de le capturer.

Dix juges d'instruction se sont succédé sur ce dossier jusqu'à octobre 2004, date à laquelle le magistrat Baudoin Thouvenot a rendu un non-lieu.

Le juge Thouvenot comme la chambre de l'instruction ont estimé que les policiers avaient ouvert le feu légitimement, compte tenu de la dangerosité de Mesrine.

Il remarquait aussi dans son ordonnance que le truand avait esquissé un geste et qu'il était armé, notamment de grenades retrouvées par la suite dans la voiture.

Au moment de sa mort, Jacques Mesrine venait de s'évader de la prison de la Santé, à Paris, et de se livrer à plusieurs attaques à main armée. Ses proches de Mesrine ont dénoncé une "élimination préméditée".

"Bruno Mesrine est déçu car on ne réussira jamais à faire reconnaître la réalité des faits. Il n'y a pas eu de réelle instruction, ce qui laisse de légitimes interrogations", a dit à Reuters Me Martine Malinbaum, avocate du fils du truand.

Elle a déposé en juillet dernier une plainte contre la France à la Cour européenne des droits de l'homme pour obtenir réparation du délai jugé excessif de la procédure.