Les questions des parlementaires

PARTIE 5: enquête, indices, éléments matériels

[Les questions suivantes sont posées par M. Houillon]

 

Pour le tatouage, Mme Badaoui disait que c’était le prénom d’Evelyne et ce n’est pas ça ?
Si, c’est le prénom Evelyne.

Mme Mourmand parle d’un papillon...
J’ai fait expertiser M. Mourmand par un médecin lorsqu’il était en garde à vue, il y avait marqué Evelyne. Lorsque Mme Delay a dit que c’était un «M» qui signifiait Monique, elle s’est reprise par la suite et lors d’une confrontation, elle explique que c’est bien Evelyne. Il n’y a pas d’histoire de papillon, je ne sais pas d’où ça sort...

Comment on fait la part entre les questions que vous vous posez, des déclarations, des éléments matériels qui manquent ?
La part des choses est faite en essayant de confronter les paroles des différents enfants, sachant qu’il n’y avait pas que les enfants de Mme Delay ; il y avait d’autres enfants qui mettaient en cause des adultes qui impliquaient des enfants également. Je me suis efforcé de faire la part des choses en fonction des éléments qui pouvaient être confirmés par des reconnaissances de pièces, de lieux qui étaient reconnus, des descriptions de caractéristiques ; le fait que certaines personnes, comme M. Legrand qui reconnaissait devant l’expert psychologue et s’excusait par rapport aux victimes. Ces éléments, en tout cas à l’époque, semblaient confirmer ceux des uns et des autres.

S’agissant de Mme Godard, vous avez estimé qu’il existait des indices graves et concordants... Elle est mise en examen, à l’issue de son interrogatoire d’avril 2001.
Par rapport à la mise en cause de Mme Godard, il y avait plusieurs enfants qui la mettaient en cause. Certes, la mémoire des enfants... Mais ce serait plus inquiétant si les enfants récitaient exactement la même chose. On prenait les choses avec précaution. Si un des quatre avait mis en cause... lorsque j’indique qu’elle est mise en cause par les enfants, elle est bien citée par les différents enfants : un qui dit qu’elle mettait du pain, l’autre qu’elle essayait de mettre du pain sachant que les enfants avaient subi beaucoup de faits répétitifs. Il convenait, à ce stade de la procédure, de poursuivre, de vérifier et de poursuivre les investigations.

Il convenait de poursuivre les investigations... mettre en examen ou en détention ou attendre que tout ceci émerge de façon un peu plus claire ?
Il y avait d’autres choses : un mot qu’on a retrouvé dans la camionnette, Mme Delay a donné la description de sa maison, qu’elle vendait du pain jusqu’à minuit, qu’elle disait ne pas connaître les Delay, ce que d’autres témoins démentaient. Par rapport à l’ensemble de ces éléments, je ne devais pas rester inactif. Faut-il changer la définition de la mise en examen ? Peut-être.

N’y avait-il pas un meilleur moment ?
Il y avait des éléments importants. Cela devait être au mois d’avril, il y avait un risque avec d’autres personnes qui avaient été citées mais n’avaient pas été interpellées, donc un risque très important de concertation. On avait vérifié la location dans une ferme, avec des cassettes stockées, on ne voulait pas que les cassettes puissent disparaître. C’est ce genre d’éléments qu’on doit prendre en considération. Le moment, c’est toujours un élément subjectif. Peut-être que des collègues n’auraient pas fait comme ça, ça s’apprécie.