Deux affaires de chirurgie esthétique devant la justice
16 juin 2005

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Comme toute opération de chirurgie esthétique, la liposuccion comporte des risques. C'est cette réalité qu'ont rappelée le 16 juin, devant le tribunal de grande instance (TGI) de Bordeaux, deux familles pour qui de "banales" interventions ont tourné au drame.

L'avocate des familles, Me Christine Maze, qui a réclamé des réparations financières, a exigé que la responsabilité des deux médecins, toujours en activité, "soit enfin reconnue".

D'abord pour Bernadette Meline, mère de cinq enfants, dont la vie a basculé le 8 décembre 1997. Ce jour-là, cette femme de 55 ans se rend à la clinique pour y subir une liposuccion des hanches et une lipectomie. Elle succombera deux jours plus tard. Aujourd'hui, Christine Meline, sa fille, vveut comprendre "comment quelqu'un qui entre pour une opération esthétique décède sans que nous ayons d'explications".

Plus de sept ans après le drame, Christine Méline, infirmière, se souvient avoir trouvé sa mère terriblement affaiblie, perdant beaucoup de sang après son réveil. Elle accuse le Dr Denis Delonca d'avoir opéré sans prendre suffisamment en compte la tension trop élévée de sa mère lors de la visite pré-opératoire. Elle affirme avoir tenté d'alerter le médecin. Bernadette Meline succombera 48 heures plus tard. Le chirurgien conclura à une embolie pulmonaire massive.

Aujourd'hui, Christine Meline rejette toujours le diagnostic du médecin: "ma mère est morte d'anémie". Son avocate a souligné notamment le "manque d'informations sur les risques de cette opération" et insisté sur "les moyens de réanimation inadaptés à la situation".

Face à elle, Me George Lacoeuilhe a avancé que la réanimation, qui n'est pas la spécialité d'un chirurgien, ne peut être mise en cause.

Au pénal, l'affaire avait débouché sur un non-lieu, les experts n'ayant pu établir les causes de la mort. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 19 octobre.

Second cas jugé hier, celui de Clotilde Besse. Pour cette quinquagénaire, la lipoaspiration destinée à galber ses jambes aurait pu être fatale. En octobre 2001, elle se retrouvera un mois entre la vie et la mort, victime de gangrène. Son mari, lui-même chirurgien militaire, énumère les négligences commises par son confrère, le Dr Gérard Claverie, généraliste.

Aux dires de son avocate, Clotilde Besse ne sera admise à la clinique qu'une demi-heure avant l'intervention. "Pour la désinfecter, il a utilisé un produit auquel elle était allergique", poursuit l'avocate. Un point contesté par le médecin. Quelques jours après avoir quitté l'établissement hospitalier, Clotilde Besse, victime de fièvre et de douleurs, finira aux urgences du CHU de Bordeaux.

Dans un premier temps, le médecin écopera de deux ans d'interdiction par le Conseil régional de l'ordre des médecins, une peine réduite à 15 jours avec sursis par le Conseil national.