Violences conjugales

25 novembre 2005

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Pour la première fois ont été recensés tous les cas de décès liés à des violences conjugales, commises par un conjoint, un concubin ou un ex. Pour la première fois, on dispose de chiffres implacables.

En France métropolitaine, une femme meurt tous les quatre jours de violences au sein du couple. Et un homme tous les seize jours. 1 décès sur 10 est le fruit de coups portés sans intention de donner la mort. Ces homicides concluent souvent, dans 2 cas sur 3, un cycle de cauchemar conjugal: 1 femme sur 2 subissait déjà des violences, pour 1 homme sur 5. Quant aux meurtriers, ils avaient eux-mêmes essuyé des coups dans le passé: c'est le cas de 1 femme auteur sur 2, et de 1 homme sur 15.

Catherine Vautrin, Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, s'est appuyée sur cette enquête inédite pour défendre au Conseil des ministres du 23 novembre un ensemble de mesures destinées à prévenir le phénomène des violences conjugales.

Les données réunies par le commandant de police Maryvonne Chaplain portent sur 211 décès survenus en deux ans (10% des morts violentes) dont 135 en 2003 et 77 en 2004. La moitié de ces violences mortelles ont frappé après 18 heures, et près de 45% en janvier, mai, juin ou octobre.

La précarité sociale est un facteur de risque: dans 1 cas sur 4, auteur et victime étaient sans profession et, dans 2 cas sur 3, l'un des conjoints l'était. Moyenne d'âge: entre 41 et 45 ans. La jalousie est un aiguillon majeur dans 22% des cas, comme la drogue (9%), les médicaments (8%) et l'alcool (31%). Plus que les femmes, les hommes tuent dans les affres d'une séparation. Et ils sont plus nombreux à se donner la mort ensuite (23% pour 7% des femmes).

 

Plus d'infos ?

Lire l'article de Mme Elisabeth Badinter.